Le Slam : espace d’expression et d’écoute

Dans le cadre du projet d’établissement Cultures Vivantes du collège Saint-Pie X de Domont, les élèves de 5ème découvrent le plaisir de l’écriture au cours d’ateliers Slam animés par l’artiste Medhi Jaafar.

 

Le Slam vient de l’argot américain « la claque », « l’impact ». A l’occasion de la déclamation d’un texte, le Slam constitue un moment de pensée libre au cours duquel  le style, la tonalité,  le rythme, la mise en voix et le souffle donnent une charge personnelle aux textes.

Savant mélange de tous les aspects de la langue orale, le Slam place directement l’écriture dans un champ varié et décloisonné, favorable à son appropriation par les jeunes. Art de la poésie aux contours mouvants, il aiguise aussi l’attention des jeunes à la parole d’autrui en cherchant à provoquer des réactions spontanées.

Si au départ l’exercice a semblé difficile pour certains élèves, Medhi a su les accompagner, les encourager et les valoriser afin qu’ils dépassent barrières et tabous et créent une dynamique collective forte.

Au fil des ateliers, les jeunes ont découvert qu’ils possédaient de nouvelles qualités, ont pris conscience de leur propre voix et ont pu se libérer à travers  le langage. Ils ont donné le meilleur, ce qui les a rendu fiers d’eux même et de leurs créations.

Aujourd’hui, les jeunes de l’atelier se sont appropriés cet art pour en faire un lieu d’expression et de tolérance privilégié ainsi qu’un outil puissant pour aborder avec sérénité les étapes de la vie.

 

Paroles de jeunes

C’est une chose que je ne pourrai jamais dire autrement

Dès qu’on a récité ce texte, on va mieux

Moi j’ai ressenti plein de choses à l’intérieur de moi, comme si je me sentais plus léger.

Ça nous fait quelque chose en plus, et ça pourra toujours nous aider un jour

Ça donne envie d’écrire, d’apprendre les leçons comme en poésie, écrire en français, faire des dessins représentant les textes

Certains ne se pensaient pas capables de faire, mais ensuite ils ont fait

Témoignage de Mamadou

Quand on a rencontré Mehdi, il nous a dit « slamer c’est pas difficile. Tu prends une feuille et tu écris sans réfléchir, essaye ». En tout cas, moi c’est ce que j’ai retenu et du coup, je ne me suis pas posé de question, je l’ai fait. J’ai écrit plein d’idées puis petit à petit, on m’a donné des conseils, on m’a posé des questions pour que j’améliore mon texte. Au début, j’avais honte de m’exprimer, je me disais que ce que j’avais à dire n’intéresserait personne, que mes copains allaient se moquer. Heureusement, Mehdi a su nous rassurer. Moi j’ai ressenti plein de choses à l’intérieur de moi, comme si je me sentais plus léger. D’habitude j’ai du mal à me confier, dans cet atelier j’y suis arrivé. Souvent à l’école, on m’a dit que j’étais un élève difficile. Souvent quand je n’arrive pas à faire quelque chose, je me sens nul. Le fait d’être capable d’écrire, je me rends compte que j’ai des qualités et qu’avec un peu de travail je peux y arriver. Maintenant à l’école je me dis que je suis capable. J’ai aussi compris qu’au lieu de dire des gros mots ou de taper des camarades quand je suis énervé ou quand ils m’embêtent, je peux prendre une feuille de papier et écrire. Et ma colère tombe.

L’intervenant 

L’artiste Medhi Jaafar met en place des ateliers d’écriture au sein de différents établissements scolaires et associatifs depuis 1997.

De 2003 a 2011, il dirige un service jeunesse au sein duquel le slam, le théâtre, la calligraphie sont au cœur des actions. En 2014, il monte l’association « Tous une valeur ajoutée », qui utilise l’art comme outils de socialisation.