
Région Île-de-France
« Arts japonais » :
Un voyage créatif pour se découvrir et s’ouvrir au monde
Au lycée horticole et paysager Saint-Antoine d’Apprentis d’Auteuil à Marcoussis (91), plus de 110 élèves de la 4e aux CAP ont embarqué pour un voyage artistique au cœur du Japon ! Accompagnés par Valérie Martin, plasticienne, et Charlotte, Éric et Jordan, tous trois mangakas de l’association Quartier Japon, les jeunes ont exploré un large panel de pratiques : manga, gravure, encre de Chine sur divers supports.
Projet soutenu par la Fondation Foujita.
Déployé depuis plusieurs années au sein de l’établissement, le projet ambitionne de faire découvrir les arts japonais aux jeunes par l’intermédiaire de Foujita, artiste touche-à-tout. Au-delà de l’enrichissement culturel, l’objectif est clair : renforcer la cohésion de groupe, développer l’estime de soi, et offrir aux élèves de nouveaux modes d’expression.
Des techniques variées, une créativité décuplée
Savant mélange entre apprentissage et création, ce projet offre aux jeunes un espace pour s’approprier de nouvelles techniques artistiques – pouvant être réutilisées dans leur vie personnelle comme professionnelle ! – et mettre à profit des savoirs déjà acquis.
Ces ateliers sont devenus au fur et à mesure de l’année de véritables espaces d’expérimentations personnelles et collectives.
Ateliers de manga
Avec les 3 mangakas de Quartier Japon, tous les élèves investis dans le projet ont plongé dans l’univers du manga avec une progression pédagogique pensée pour les emmener du geste simple à la narration visuelle complète. Pas à pas, ils ont appris à créer un personnage, à jouer avec les émotions pour lui donner vie, à maîtriser la perspective pour construire des espaces crédibles, puis à composer une scène entière – de l’esquisse à la mise en page finale.
L’engouement a été immédiat. Pour beaucoup de ces jeunes, le manga représente une porte d’entrée accessible et déstigmatisante vers la création : un art qu’ils connaissent, qu’ils aiment et dont ils ont découvert qu’ils pouvaient eux-mêmes être les auteurs.
Au-delà du dessin, ces ateliers ont cultivé des compétences précieuses : la patience et la concentration qu’exige le trait, la capacité à raconter une histoire en images, mais aussi la confiance en soi qui naît de voir une page blanche se transformer en œuvre personnelle. Dans des filières professionnelles où l’on travaille souvent avec les mains et le corps, cette expérience de création visuelle a également révélé des talents insoupçonnés – et parfois changé le regard que certains élèves portaient sur eux-mêmes.
« J’ai beaucoup aimé les cours de manga avec Jordan : il est gentil, il explique bien, puis on a bien discuté . »
Gravure sur gomme et sur linoléum
Avec Valérie Martin, les élèves de CAP Fleuriste ont découvert l’art de la gravure avec les œuvres de Foujita comme source d’inspiration. Un processus en plusieurs étapes, chacune porteuse de ses propres apprentissages : observer une œuvre pour en saisir l’essence et traduire une idée en un motif pensé pour la gravure, où chaque trait enlevé compte autant que ceux qui restent, puis imprimer sur différents supports – dont des tote bags ! – et découvrir ce que révèle le papier ou le tissu au moment du tirage.
Pour des jeunes engagés dans des filières où le soin du geste et la précision sont déjà des valeurs centrales, cet atelier a résonné de façon particulière. La gravure demande la même attention portée au détail, la même maîtrise de l’outil – mais au service cette fois d’une expression personnelle. Chaque élève est reparti avec un objet unique, né de ses mains, et de la fierté qui va avec.
Dessin à l’encre de Chine
Les jeunes de CAP Fleuriste et CAP agricoles Production horticole et Services aux personnes et vente en espace rural ont découvert l’élégance d’une technique emblématique du Japon : le dessin à l’encre de Chine. Un médium qui invite à ralentir, à poser le geste avec intention, et à accepter que chaque trait, une fois posé, raconte déjà son histoire.
Appliquée au pinceau sur des éventails et des kakémono, cette encre a permis aux jeunes de composer des œuvres délicates. Ils ont exploré un vocabulaire visuel fait de sobriété, d’équilibre et de poésie. Au-delà des créations, cet atelier a ouvert des portes concrètes comme la maîtrise de l’encre de Chine et le travail sur des supports inhabituels : autant de savoir-faire que ces jeunes, futurs fleuristes, horticulteurs ou professionnels du service aux personnes, pourront réinvestir.
« On a mis nos blazes sur nos éventails : ce sera un souvenir pour nous. »
« J’ai pu fabriquer un cadeau pour ma mère. »
Grandir, coopérer et s’estimer
Grâce à ce projet, les jeunes ont découvert une nouvelle culture à travers l’expérimentation de pratiques artistiques. Certains jeunes qui se sentaient dévalorisés en début d’année ont peu à peu retrouvé confiance en eux et ont été fiers de leurs réalisations – repartant enrichis d’un nouveau regard sur la création et sur eux-mêmes.
Parmi les retombées observées :
- Le renforcement de la cohésion de groupe et d’une atmosphère bienveillante
- Le développement de la confiance en soi et de l’estime personnelle
- La maîtrise progressive de différentes techniques artistiques
- La capacité à réinvestir les apprentissages dans des projets personnels, scolaires ou professionnels
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